La génération You Porn

Vanessa BERTHO

La génération You Porn

Ultra connectée, la jeune génération a-t-elle un comportement sexuel différent des générations qui l’ont précédée ? C’est à cette question que répond une grande enquête réalisée par l’IFOP pour le site de rencontres CAM4, auprès de 1 000 jeunes âgés de 15 à 24 ans, c'est à dire la génération Z

Et après l'étude des résultats par les analystes de l’Ifop, il s’avère que l’essor des nouvelles technologies de l’information et de la communication a conduit à une banalisation de la consommation de vidéo pornographique chez les jeunes. Ce qui a considérablement changé leur vie sexuelle en favorisant, dès le plus jeune âge l’intégration de pratiques sexuelles issues de l’univers du X.

Riche en surprises et en enseignements, cette enquête réalisée auprès de 1 000 jeunes âgés 15 à 24 ans montre que les comportements sexuels des jeunes ont profondément changé au cours des 20 dernières années et qu'ils intègrent de plus en plus les nouveaux modes de communication.

La comparaison des résultats de cette étude avec ceux des enquêtes de référence réalisées au cours des 20 dernières années (ACSF 1992, ACSJ 1994, CSF 2006,...) met en lumière trois grandes tendances : La masturbation chez les filles est moins tabou - Les pratiques issues de l’univers du X sont plus répandues - Les sites pornos de plus en plus fréquentés


A- les différentes phases d'entrée des jeunes dans la sexualité

Si près des trois quarts des jeunes (73%) admettent s'être déjà masturbés au cours de leur vie, cette activité solitaire reste toujours plus facilement admise par les garçons (88%) que par les filles (58%).

Néanmoins, elle se banalise toutefois chez les jeunes filles puisque cette pratique est en augmentation de 25 points par rapport à 1992.


B- Porn et Dating online : les expériences sexuelles en lien avec les nouveaux modes de communication

Les deux tiers des garçons interrogés (69 %) et près d'une fille sur trois (35 %) ont déjà surfé sur un site porno. Et les jeunes sont de plus en plus précoces puisqu’à 15 ans, la moitié (55 %) des jeunes âgés a déjà vu un film X.

Il est inutile de rappeler que le visionnage des films pronographiques est interdit au moins de 18 ans. Le nombre d'hommes de 18-24 ans ayant déjà surfé sur ce type de site est en forte hausse : +30 points en sept ans (à 77%).

En dehors des sites pornos, les réseaux sociaux sont de plus en plus utilisés à des fins sexuelles.

Un usage d'Internet à des fins sociales et sexuelles de plus en plus développé

- Plus d'un tiers des jeunes de moins de 25 ans (38%) a déjà surfé sur un site de rencontre

- Près d'un quart des jeunes (24%) sont déjà sortis avec des personnes rencontrées par Internet

- Un jeune sur six (17%) a déjà eu un rapport avec une personne rencontrée sur Internet

Le développement d'activités sexuelles virtuelles via divers outils de communication interactifs

 - 24% des jeunes ont déjà eu des conversations érotiques avec quelqu'un qu'ils n'avaient jamais vu en vrai

- 28% des jeunes pourraient faire l'amour virtuellement via une webcam avec leur partenaire

- 8% des jeunes ont déjà visionné gratuitement le show sexuel d'une personne devant sa webcam


C- les pratiques et positions sexuelles réalisées dans la vie réelles


L’étude constate également l’intégration dès le plus jeune âge de pratiques sexuelles issues directement de la culture pornographique comme l'éjaculation faciale ou la "biffle".

Étroitement associée à l'univers du X, l'éjaculation faciale a déjà été testée par un jeune sur quatre (24 %) et plus d'un jeune sur trois (36 %) s'est déjà adonné à la pratique de la "biffle".

Le répertoire sexuel des jeunes apparaît de plus en plus diversifié si l'on en juge par l'essor de certaines pratiques bucco-génitales (fellation, cunilingus, « 69 »,...) ou anales (sodomie)

  • Plus des trois quarts des jeunes ayant déjà eu un rapport sexuel ont déjà essayé la « levrette » (78%)
  • De plus en plus de jeunes (79%) ont déjà léché ou sucé le sexe de leur partenaire au cours de leur vie
  • La pratique de l'anulingus reste moins répandue, que ce soit sous forme active (15 %) ou passive (18 %).
  • La proportion de jeunes s'étant déjà adonnés à la pénétration anale (35%) a doublé en l'espace de 20 ans


D – les tendances homosexuelles et bisexuelles chez les jeunes

Enfin, la tendance à la bisexualité apparaît de plus en plus marquée dans la gent féminine même si le passage du fantasme à la réalité reste plus limité

- 18% des filles de moins de 25 ans ont déjà été sexuellement attirées par une autre fille

- Cette proportion a doublé en 20 ans chez les adolescentes de 15-17 ans (12% en 2013, contre 7% en 1994)

- Le nombre de filles passées à l'acte est toutefois plus limité (10% parmi celles ayant déjà eu un rapport sexuel avec une femme).

 
Le point de vue de François Kraus, directeur d'études au Département Opinion de l'Ifop


"Etroitement lié à l'essor des nouvelles technologies de l'information et de la communication, la banalisation de la consommation de pornographie chez les jeunes a considérablement changé leur vie sexuelle en favorisant l'intégration dès le plus jeune âge de pratiques associées à l'univers du X : le contenu de leurs rapports sexuels apparaissant de plus en plus influencé par les codes de la pornographie.

Mais si l'impact le plus visible de ces nouveaux modes de communication est l'essor d'une consommation passive de films x, leur usage ne s'inscrit pas seulement dans une logique de substitut à une vie sexuelle réelle : le nombre croissant de jeunes qui utilisent les ressources du web pour établir des contacts amoureux ou sexuels reflétant un usage de plus en plus actif d'Internet à des fins sociales et sexuelles.

Près d'une douzaine d'années après l'apparition des premiers sites de rencontre en France, leur usage s'est donc largement banalisé dans une jeunesse née ou en tous cas élevée avec Internet dès le plus jeune âge. Dans ce cadre, on observe aussi le développement d'échanges sexuels purement virtuels via des plateformes offrant à des jeunes qui ne disposent pas toujours d'espace propre la possibilité de se livrer à des jeux de séduction ou à des jeux sexuels qu'ils n'oseraient pas réaliser en face-à face."

Cette génération bénéficie d'information à la vie affective et sexuelle lors de leur cursus scolaire. Ces interventions doivent nécesairement évolué au vu de l'évolution de l'utilisation des nouvelles technologies et de l'exposition à la pornographie de cette génération.

Dès aujourd'hui, dans les cabinets de sexothérapie, nous rencontrons les premiers effets. En effet, de jeunes couples viennent en consultation pour bénéficier d'information sexologique. Des jeunes femmes s'interrogeant également sur le visonnage abusifs des vidéos porno de leur partenaire. 




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