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Quelles sont les difficultés pour atteindre l'orgasme?

Stéphanie Hannier



La plus récente version du DSM définit ainsi le trouble de l'orgasme chez la femme en fonction de trois critères diagnostiques. Le premier critère stipule qu'il existe un délai ou une absence persistante et récurrente d'orgasme à la suite d'une phase d'excitation sexuelle normale. Le DSM spécifie que les femmes peuvent présenter une grande variabilité dans le type ou l'intensité de la stimulation conduisant à l'orgasme. Selon le deuxième critère, le trouble orgasmique est à l'origine d'une souffrance marquée chez la femme et peut provoquer des problèmes interpersonnels. Le troisième critère stipule que la dysfonction orgasmique n'est pas due exclusivement aux effets physiologiques directs d'une substance donnant lieu par exemple à abus, d'un médicament ou d'une infection ou d'une affection médicale générale. En plus de ces trois critères, le clinicien doit également spécifier le type d'anorgasmie.

Dans l'anorgasmie primaire, la femme n'a jamais atteint l'orgasme, et dans l'anorgasmie secondaire ou acquise, la femme rapporte une incapacité d'atteindre l'orgasme suite à une période de réponse orgasmique normale ou fonctionnelle. De plus, la dysfonction orgasmique peut être généralisée ou situationnelle. Dans l'anorgasmie généralisée, il s'agit d'une incapacité à atteindre l'orgasme, peu importe la source (clitoris, vagin, etc), le type (pénis, voies manuelles, orales, etc) ou le contexte de la stimulation sexuelle (avec ou sans partenaire, etc).

Dans l'anorgasmie situationnelle, il s'agit d'une incapacité à parvenir à l'orgasme soit en fonction de la source, du type ou du contexte de stimulation. Certains auteurs ont étudié la prévalence du trouble orgasmique en fonction du contexte et de la source de stimulation. Les résultats ont montré qu'un nombre très restreint de femmes n'aurait jamais atteint l'orgasme que, pour la majorité, l'orgasme serait davantage atteint par la stimulation clitoridienne que coïtale et que l'incapacité d'atteindre l'orgasme serait davantage rapportée lors des activités sexuelles de couple que lors des activités sexuelles solitaires telles que la masturbation.

Facteurs individuels cognitivo-comportementaux et émotionnels : Un premier facteur cognitivo-comportemental susceptible d'être à la source de l'anorgasmie de la femme concerne l'éducation sexuelle provenant du contexte familial, religieux ou socioculturel. Les auteurs s'entendent sur les effets négatifs d'un contexte éducationnel strict, rigide et caractérisé par la répression sexuelle sur le développement de l'anorgasmie chez la femme. Cette répression sexuelle peut se manifester par l'absence de messages et attitudes très négatives sur la sexualité féminine, surtout en ce qui concerne la masturbation et l'expérimentation sexuelle. De plus, le contexte socio-culturel du double standard sexuel est invoqué comme facteur d'influence important sur le développement de l'identité sexuelle féminine. Un bon nombre d'auteurs s'entend sur les effets dévastateurs d'expériences sexuelles non consenties et traumatiques comme étant la source de plusieurs troubles sexuels. Le clinicien se doit de vérifier s'il y a eu résolution ou non de l'évènement traumatique et si la femme considère que cet évènement continue à interférer sur sa sexualité. L'histoire sexuelle de la femme présentant une anorgasmie a des répercussions importantes sur la perception et la formation des croyances, attitudes et pensées liées à la sexualité qui, elles, servent à expliquer le maintien de ce trouble. De toutes ces répercussions, les auteurs retiennent une pauvre image de soi sur le plan corporel, des pensées négatives, des croyances fausses ou irrationnelles à l'égard du comportement sexuel de la femme. Sur le plan émotionnel, l'anorgasmie est très souvent attribuée à la présence d'émotions et de sensations négatives inhibant la montée vers l'orgasme. Le répertoire d'émotions communément rapporté par les femmes anorgasmiques inclut la culpabilité, la honte, l'anxiété du spectateur et la peur de l'abandon. Liée à la peur de l'échec, cette anxiété est ressentie à l'égard du partenaire qui est perçu par la femme comme un spectateur de sa performance sexuelle et qui attend l'orgasme. Ces femmes se retrouvent ainsi face à un cercle vicieux négatif où plus le temps d'atteinte de l'orgasme s'allonge, plus l'anxiété augmente, et plus l'orgasme tarde à venir.

Facteurs relationnels : Les auteurs s'entendent sur le fait que le climat conjugal influence de façon significative la fréquence et la qualité des activités sexuelles ainsi que les troubles liés au fonctionnement sexuel de la femme. En effet, un climat conjugal caractérisé par la présence de problèmes de communication, d'émotions non résolues telles que le ressentiment ou la perte de confiance envers le partenaire, nuit au désir de rapprochement sexuel et interfère avec l'abandon sexuel de la partenaire. Dans son évaluation, le clinicien doit également tenir compte du rôle du partenaire, dans l'apparition ou le maintien d'une anorgasmie. Plus spécifiquement, il importe de bien se documenter sur les habiletés sexuelles du partenaire telles que la présence de dysfonctions sexuelles ainsi que les attributs physiques et comportementaux de celui-ci D'autres facteurs comportementaux liés aux habiletés sexuelles du partenaire sont très fréquemment invoqués dans l'historique du trouble orgasmique et concernent le manque ou l'insuffisance de plaisir que procurent les caresses nécessaires à la montée d'excitation sexuelle jusqu'à l'orgasme. (caresses trop précipitées, soit trop prolongées sur certaines parties génitales, trop mécaniques, absentes de sensualité, etc).

Facteurs biologiques et physiques : Deux facteurs ressortent comme pouvant être à la source d'un trouble orgasmique. Le premier est lié à l'état de la musculature périvaginale et le second aux effets secondaires des antidépresseurs. Concernant le premier facteur d'explication, les auteurs observent qu'un mauvais état des muscles périvaginaux peut induire des difficultés à parvenir à l'orgasme, surtout à l'intérieur du contexte de stimulation coïtale. Liés aux facteurs biologiques et physiques, une série d'études récentes a également démontré les effets secondaires néfastes des antidépresseurs tant sur le désir sexuel que sur l'orgasme.

 

Concrètement

  • Il existe autant de définitions de l'orgasme que de manières de le vivre.
     
  • Le laisser-aller, l'abandon de la femme au contact de son partenaire lors du rapport est un facteur-clé dans l'atteinte de l'orgasme.

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Bibliographie:

AUBIN S., de CARUFEL F., de SUTTER P., JARROUSSE N., TRUDEL G., sous la direction de POUDAT F-X., “Sexualité, couple et TCC - les difficultés sexuelles-, vol. 1, Elsevier Masson, 2011.

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